Les clefs de l'Amérique par Jean-Eric Branaa
Les clefs de l'Amériquepar Jean-Eric Branaa

Bernie Sanders, le socialiste américain

À 77 ans, Bernie Sanders a lancé le 19 février 2019 sa deuxième candidature à l'investiture pour la présidentielle, après avoir brillé en 2016 face à Hillary Clinton.

 

A gauche toute

Quand le sénateur Bernie Sanders parle, les mots «riches», «millionnaires», «milliardaires» reviennent invariablement. Toute la carrière de celui qui défie aujourd'hui tout le Parti démocrate lors de ses primaires, a été menée à gauche de la gauche, avec un succès croissant. Comment est-il possible que les 1% les plus riches détiennent presque autant de richesses que les 90% les moins riches?», demande inlassablement celui qui a passé sa carrière à dénoncer la démesure des dépenses électorales.

«Ce type d'économie est non seulement immorale, non seulement mauvaise, elle est insoutenable», a-t-il ajouté.

 

Fidèle à ses idées

Dès l'un de ses premiers discours à la Chambre, le 9 janvier 1991, les thèmes de sa carrière étaient déjà là: critique des banques, défense du système éducatif et de l'industrie manufacturière. Il s'est opposé vivement à la première guerre du Golfe, «une terrible erreur que ce pays regrettera pendant des décennies». Et vota contre la guerre d'Irak en 2002, un vote qu'il a souligné jeudi, sachant pertinemment qu'Hillary Clinton, alors sénatrice, avait soutenu le recours à la force.

 

Un socialiste à la ténacité infaillible

Le sénateur aime rappeler ses humiliants échecs électoraux dans les années 1970, dans le petit État hippie du Vermont, pour prouver sa ténacité et répondre à ceux qui ironisent sur une candidature qui serait plus symbolique que sérieuse.

Bernie Sanders est unique au Congrès: il est le seul parlementaire à épouser l'étiquette «socialiste», et l'un des deux indépendants, ni démocrate, ni républicain, une rareté dans le système bipartite américain. Il siège avec le groupe démocrate du Sénat. Au-delà du Vermont, qu'il a représenté à la Chambre des représentants de 1990 à 2007, et au Sénat où il siège depuis, sa notoriété est d'ailleurs faible. Mais le Sénat, où il fut réélu triomphalement en 2012, lui donne depuis plusieurs années une plateforme efficace pour houspiller les républicains et les démocrates trop acoquinés avec le patronat.

 

Campagne à l'ancienne 

Bernie Sanders promet à nouveau une campagne à l'ancienne, ignorant la déréglementation du financement électoral engagée depuis 2010 et se contentant des plafonds de campagne traditionnels (2.700 dollars par personne pour les primaires). Comme en 2016, il a aussi promis de rester positif. «Je me demande si, à notre époque, il est possible pour un candidat qui n'est pas milliardaire ou serviteur de la classe des milliardaires, de réussir à faire campagne», s'était-il demandé en 2016. «Les milliardaires sont littéralement capables d'acheter les élections et les candidats». Il largement prouvé qu'il savait el faire.

 

Hors du Parti, mais toutefois loyal

Paradoxalement, il a toujours refusé de critiquer Hillary Clinton, qui faisait pourtant bien partie de ce monde qu’il combat, aux yeux de beaucoup de ses supporters. Il a pourtant relevé le flou de certaines de ses positions. Par contraste, il a aussi rappelé qu'il menait la résistance au Sénat contre l'accord de libre-échange transpacifique que Barack Obama négociait alors. Hillary Clinton avait historiquement soutenu de tels accords même si elle n'avait pas tranché sur cette question.

Bernie Sanders a aussi mené le combat contre la construction de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis, un dossier cher aux écologistes et qui fut un temps de la responsabilité d'Hillary Clinton, lorsqu'elle était secrétaire d'État. Sagement, afin d ene pas donner trop d'armes aux républciains, il n'a pas insisté sur ce point non plus en 2016.

 

Une défaite, mais des idées qui ont marqué

Bernie Sanders a grandi au fil des années au sein de l'aile gauche du Parti démocrate, jusqu'à s'imposer comme le seul concurrent d'Hillary Clinton dans la course à l'investiture démocrate en 2016, qu'il a finalement par 43,1 % des voix contre 55,1 %, non sans opposer une résistance qui a étonné plus d'un observateur de la vie politique américaine.

Socialiste auto-proclamé dans un pays où le socialisme est associé au communisme et érigé à l'extrémité de l'échiquier politique, M. Sanders est l'un des plus progressistes des candidats à la primaire. Partisan d'une revalorisation du salaire minimum à 15 dollars de l'heure au niveau fédéral (au lieu de 7,25 dollars actuellement), de la gratuité de l'éducation publique et de la couverture santé universelle, Bernie Sanders est aussi un ardent soutien de la lutte contre le réchauffement climatique et de la défense des droits civiques et des libertés publiques.

 

Un des favoris de la campagne de 2020

Alors qu'il était le seul réel opposant à Mme Clinton en 2016, Bernie Sanders doit faire face cette fois-ci à de nombreux autres candidats, plus jeunes et représentants d'un vent frais sur le parti. Affilié aux démocrates mais non encarté, Sanders est aussi critiqué pour son indépendance et son manque de solidarité avec la ligne du parti. la méfiance est donc forte à son égard parmi les démocrates, au point qu'il a été obligé de signer un documents par lequel il s'engage à gouverner comme démcorate, en cas de victoire. Ses positions libérales sur le contrôle des armes à feu, qu'il a plusieurs fois refusé de renforcer, pourrait ré-émerger et lui nuire, tant la pression de l'opinion publique s'est accentuée après chaque tuerie de masse.

Son démarrage dans la campagne a été très remarqué: en 48h, il est parvenu à une levée de fonds extraordinaire: 5,9 millions de dollards en petits dons privés, ce qui témoigne d'une base forte.

 

 

Image : http://bit.ly/1Q5ZLur

 

 

Commentaires

Discussion close
Aucune entrée disponible

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

contact@branaa.fr

Comprendre

Tweets de jean-eric branaa @BranaaJean

Dossiers

Dernières pages ajoutées

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Jean-Eric Branaa