Les clefs de l'Amérique par Jean-Eric Branaa
Les clefs de l'Amériquepar Jean-Eric Branaa

La présidence de Donald Trump      2/2

La 45ème présidence est véritablement celle du paradoxe. Les neufs premiers mois ont été suivis avec beaucoup de passion par les observateurs du monde entier, souvent aussi avec beaucoup d'hostilité.

 

Aux Etats-Unis, les positions se sont figées et, au bout de neuf mois, l'Amérique est profondément divisée : chaque camp est véritablement entré dans une guerre de tranchées et les points de vue semblent irréconciliables.

 

Donald Trump lui-même a fait le constat de cette division. C'est son rôle de rassembler désormais. Mais les critiques les plus virulents l'accusent de ne pas vouloir le faire, pour des questions bassement électoralistes.

 

Voici donc un regard chronologique sur les faits, ce qui n’est déjà pas une petite affaire. A partir de cette lecture, chacun se fera son opinion.

 

 

Du 5 au 19 octobre : Trump reprend l’initiative

Le 5 octobre, Donald Trump déclare à propos de la Corée du Nord que « c’est le calme avant la tempête ». Personne ne sait ce qu’il veut dire et le monde s’inquiète.

 

Le 6 octobre, il signe un décret qui autorise les entreprises à ne plus assurer leurs employés si l’assurance prévoit le remboursement de la contraception. Il s’agit pour lui du respect des convictions religieuses des employeurs.

 

Le 7 octobre, il entre en conflit avec la chaine NBC, qu’il accuse de Fake News, et déclare quelques jours plus tard qu’il songe à faire révoquer sa licence – pouvoir qu’il n’a cependant pas.

Le 9 octobre, son administration signe la fin de Clean Power Plan, une législation destinée à protéger l’environnement aux Etats-Unis, et demande au Congrès d’y mettre fin définitivement.

 

Le 11 octobre, il réagit à la crise politique à propos de Porto Rico, et déclare que les Etats-Unis n’ont pas vocation à aider cette île indéfiniment. Il introduit donc une différence avec les Etats de la fédération.

C’est ce même jour qu’il nomme enfin quelqu’un pour remplacer John Kelly au ministère de la sécurité intérieure. Kirstjen Nielsen devient la nouvelle ministre.

Le 12 octobre, le président signe un décret qui limite drastiquement les effets de l’Obamacare : il autorise ainsi notamment les particuliers à s’assurer dans un autre Etat que le sien et permet aux entreprises de se grouper pour acheter des assurances en groupe et donc réduire leurs coûts. De fait, il fait exploser le système, comme il l'avait annoncé et demande au Congrès de finir le travail.

 

Le 12 octobre, il annonce également que les Etats-Unis quitte l’UNESCO er renforce ainsi l’isolationnisme du pays.

Le 13 octobre, il dénonce l’accord iranien qu’il refuse de certifier comme le prévoit la loi : cela signifie qu’il renvoie cet accord devant le Congrès, qui a alors 60 jours pour décider d’imposer de nouvelles sanctions à l’Iran, ou pas. Il n’a pas « déchiré l’accord » comme il l’avait annoncé pendant sa campagne, mais c’est tout comme.

Le 13 octobre, il est ovationné par le congrès des évangéliques américains et déclare « qu’on ne chérit pas son pays mais qu’on chérit son Dieu. »

Le 14 octobre, au Virtue Voters Summit (le congrès des conservateurs américains), l'ancien conseiller Steve Bannon se lance dans un grand plaidoyer en faveur de Donald Trump, et affirme qu'il gagnera en 2020 avec 400 grand électeurs (sur 538).

Le 17 octobre, Donald Trump s'exprime à la radio sur la chute de Raqqa obtenue par les forces de la coalition et se crédite lui-même de ce résultat : pour lui cela n'aurait pas pu arriver avant et sans sa réorganisation des forces armées.

Ce même jour, le Dow Jones a passé la barre des 23000... et c'est le président des Etats-Unis qui nous l'apprend dans un tweet.

le 18 octobre le juge fédéral d'Hawaii Derick Watson défit le président et bloque le troisième décret migratoire, ce qui va obliger la Cour suprême à prendre position. Au final, Donald Trump obtient satisfaction cette fois encore.

20 octobre : Une jeune fille mineure, entrée illégalement le 11 septembre, se voit refuser le droit d'avorter par l'Etat du Texas. L'affaire se règle en justice et l'avortement est ordonné par un juge.

2-23 Octobre : Pendant 3 semaines, une affaire sordide secoue Washington, et le président est critiqué pour les mots qu'il aurait employé en adressant ses condoléances à la veuve du sergent David Johnson, tué dans une embuscade au Niger. L'affaire est révélée –et entretenue– par une députée démocrate, Frederica Wilson.

Beaucoup s'interrogent aussi sur la raison pour laquelle des soldats américains se trouvaient au Niger.

24 octobre : Dans l'affaire russe, le camp Trump contrattaque en dénonçant la prise de contrôle à 20% d'une mine d'uranium par les russes en 2010. Rober Mueller (le procureur indépendant qui enquête sur l'affaire russe) est directement visé car il était directeur du FBI à cette époque-là et aurait dû alerter les autorités, selon ceux qui le mettent en cause. Sur Fox News, Sean Hannity demande sa démission immédiate.

Egalement le 24 octobre, alors que le président rend visite au Congrès, un manifestant lance des drapeaux russes sur lui en le traitant de "traitre".

Toujours ce même jour, le sénateur de l'Arizona, Jeff Flake, déclare devant le sénat que Trump est "dangereux pour la démocratie". Il est également obligé de concéder qu'il ne se représentera pas alors qu'une candidate Trumpiste lui dispute l'investiture dans son Etat et qu'elle mène largement dans les sondages. Flake est le 2ème sénateur influent à se retirer, après celui du Tennessee, Bob Corker, quelques jours plus tôt.

25 octobre: A peine quelques jours après le sénat, la chambre des représentants adopte à son tour le budget 2018 ($4000 milliards).

L'enquête du procureur Mueller semble se trouver à un tournant : on apprend le 28 octobre qu'il va y avoir une ou plusieurs arrestations dès le lundi suivant.

29 octobre : La côte du président est au plus bas depuis le début de sa présidence : 38% d'opinions favorables pour l'ensemble des Américains et 58% d'insatisfaits. Mais les républicains continuent à le soutenir à 83%.

30 octobre : Trois hommes sont inculpés dans le cadre de l'enquête sur la collusion avec la Russie : Paul Manafort, ancien directeur de campagne, Rick Gates, un de ses partenaires commerciaux et George Papadopoulos, qui a également collaboré à la Campagne Trump sont les premiers à tomber. Comme souvent dans ce genre d'affaire, cela promet d'autres inculpations à venir.

Le 31 octobre, veille d'Halloween, Manhattan est frappé par un attentat commis par un jeune Ouzbek de 29 ans qui a juré allégeance à Daesh et fonce sur des cyclistes avec un camion. Donald Trump appelle à une réaction forte, "hors du politquement correct" et relance le débat sur l'immigration et le contrôle aux frontières.

1er novembre : Jerome Powel est nommé à la tête de la Fed en remplacement de Janet Yellen. les chiffres économiques d'octobre sont tous positifs : le chômage est tombé à 4,1%, il y a eu 265000 emplois créés, le Dow Jones est à 23500 et la croissance s'élève désormais à 3,2%.

2 novembre : Le président américain entame un voyage de douze jours en Asie. Ses positions sur la Corée du Nord et ses relations avec la Chine seront particulièrement observées.

Voilà pour la chronologie

... pour l'analyse:

Trumpland: portrait d'une Amérique divisée, chez Privat (octobre 2017)

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