Les clefs de l'Amérique par Jean-Eric Branaa
Les clefs de l'Amériquepar Jean-Eric Branaa

Marco Rubio, le candidat hispanique

Marco Rubio est né à Miami en mai 1971 de parents cubains arrivés 15 ans auparavant pour fuir la pauvreté. A 44 ans, il s'est lancé dans la course à la présidentielle de 2016 et a étonné par sa percée indéniable. Pour beaucoup il est l'avenir du parti.

 

Le candidat hispanique

L’ambition l’a emporté : Il se voit déjà comme le premier élu hispanique à la fonction suprême, lui qui n’a pas réussi à concrétiser cette première candidature, balayé par Donald Trump.

 

Les titres des deux livres déjà publiés par le junior senator de Floride disent l’essentiel de lui : An American Son et American Dreams. Issu d’une famille modeste immigrée de Cuba, Marco Rubio a fait très tôt le choix d’une carrière politique. Adolescent, il ressassait le discours prononcé quelques années plus tôt par le sénateur démocrate Ted Kennedy, lors de la convention démocrate de 1980. Mais la personnalité de Ronald Reagan, élu cette même année à la présidence des Etats-Unis, et auquel un grand-père adoré voue une admiration sans bornes, va ensuite l’attirer dans le camp républicain.

Ses premiers pas, Marco Rubio les a effectué dans le milieu cubano-républicain spécifique de Miami : auprès de la représentante Ileana Ros-Lehtinen, la première élue du Congrès née à Cuba, pour la politique ; et d’Al Cardenas, patron d’un puissant cabinet d’avocats né également sur l’île, pour sa carrière de juriste. Marié très tôt à une ancienne camarade de lycée, membre des cheerleaders de l’équipe de football des Miami Dolphins, il se lance en politique en 1997 et est élu à la Chambre de Floride deux ans plus tard. Il y siège pendant huit années consécutives et devient le premier « speaker » d’origine cubaine de cette Assemblée. Il est également le plus jeune à ce poste de l’histoire de l’Etat.

 

Indiscutable conservatisme

Excellent orateur, il se sert de ce tremplin pour se faire élire au Sénat des Etats-Unis en 2010, battant au passage le gouverneur Charlie Crist, le successeur démocrate de Jeb Bush, au terme d’une campagne marquée par la poussée du mouvement Tea Party dont il emprunte les thématiques et l’alarmisme presque insurrectionnel. Une fois élu, il ne rejoindra cependant pas le caucus droitier constitué deux ans plus tard par l’un de ses pairs d’origine hispanique, Ted Cruz, devenu sénateur du Texas.

Même si ses votes reflètent un indiscutable conservatisme, principalement sur les questions de société, il travaille avec le démocrate du Delaware Chris Coons sur les questions d’emploi, puis vote avec treize autres républicains et l’ensemble des sénateurs démocrates en faveur d’une réforme de l’immigration qui suscite l’ire de l’aile droite du « Grand Old Party ».

En octobre 2011, le St Petersburg Times et le Washington Post dévoilent un petit arrangement avec le passé : sa famille a quitté Cuba non pas après l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, comme il l’a toujours raconté, mais quatre ans auparavant, sous la dictature de Fulgencio Batista. Son parti ne lui en tient pas rigueur : en 2012, Marco Rubio est choisi pour ouvrir la convention républicaine chargée d’adouber Mitt Romney dans la perspective de l’élection présidentielle. Il fait alors figure de candidat potentiel à la vice-présidence, même si c’est finalement Paul Ryan, représentant du Wisconsin, qui est retenu.

 

Opposition au rapprochement avec Cuba

Après la défaite face à Barack Obama, il est chargé de répondre au discours sur l’état de l’Union prononcé par le président réélu, en janvier 2013. Il est alors moins à son avantage, et les réseaux sociaux tournent en ridicule l’une de ses contorsions pour saisir une bouteille d’eau, en plein milieu de son propos.

En 2012, l’énergie déployée par Marco Rubio dans son Etat n’avait pas permis à Mitt Romney de l’emporter en Floride, et le très faible score de ce dernier parmi l’électorat latino n’avait pas peu contribué à son échec. Quand il s'est lancé dans la course à la pr"ésidentielle, il a attiré la curisoité. A son propos, le président Barack Obama n’a-t-il pas assuré, en décembre, en recourant à une formule très imagée, que les électeurs auraient sans doute envie « d’une odeur de voiture neuve » ?

Le sénateur, a choisi d’incarner l’opposition au rapprochement avec Cuba décidé par le président démocrate, même si cette perspective est plutôt vue favorablement par l’opinion américaine.

 

 

ll a été réélu à son poste de sénateur en novembre 2016, une élection serrée, mais qui fait de lui un incontournable.

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