Les clefs de l'Amérique par Jean-Eric Branaa
Les clefs de l'Amériquepar Jean-Eric Branaa

John Bolton

Sous-Secrétaire d'Etat.

Célèbre par sa légendaire moustache, John Bolton est principalement connu pour son rôle d’ambassadeur américain aux Nations unies au sein de l’administration George W. Bush. Il avait précédemment occupé le poste de sous-secrétaire d’État chargé du contrôle des armements et de la sécurité internationale de 2001 à 2004. Il est ouvertement hostile à un rapprochement avec les Russes et on ne peut donc que constater que Donald Trump continue à vouloir marier l’eau et le feu en lui demandant de travailler sous la direction de Rex Tillerman, qui est exactement de l’avis contraire.

 

La Corée du Nord est un ennemi

 

John Bolton, a indiqué à plusieurs reprises que « la question nucléaire de la Corée du Nord est considérée comme une top priorité en raison des essais nucléaires et lancements de missiles », mais que les Etats-Unis ne prendront jamais l’option d’une attaque préemptive contre la Corée du Nord.

Bolton a pourtant désigné la Corée du Nord, l’Iran et l’Irak comme « l’axe du mal » au sein de l’administration George W. Bush, et a mis l’accent sur l’importance d’une préparation complète face à l’éventualité d’attaques nord-coréennes. Quant à la possibilité de dialogue avec Pyongyang après l’accès au pouvoir de Trump, il l’a littéralement rejetée en expliquant : « je n’ai pas l’intention de m’asseoir là-bas (à la table des négociations). Je ne suis pas intéressé par la tenue d’un dialogue ».

 

Et le Moyen-Orient ?

 

Les propos post-électoraux formulés par le président élu Donald Trump et plusieurs de ses conseillers de campagne sur la politique au Moyen-Orient ont provoqué des spéculations quant à savoir si Trump allait bouleverser deux grandes lignes de politique étrangère de l’administration Obama au Moyen-Orient.

Le choix de John Bolton au plus haut niveau de la hiérarchie diplomatique semble indiqué la direction qui va être prise. C’est en effet l’un des membres les plus notoires de l’équipe de Dick Cheney qui complotait les guerres dans l’administration George W. Bush et fera certainement pression en faveur de l’annulation effective du principal obstacle politique à une confrontation américaine avec l’Iran : l’accord multilatéral sur le nucléaire de 2015. Un conseiller en politique étrangère de la campagne de Trump autrefois lié à une milice chrétienne extrémiste sectaire au Liban, Walid Phares, a laissé entendre dans une interview accordée à la BBC que Trump exigerait que l’Iran « modifie [quelques] points » de l’accord et que « l’accord tel qu’il se présente aujourd’hui [...] ne ser[ait] pas accepté par une administration Trump ». On peut toutefois noter que Trump, qui a toujours accepté l’animosité officielle de longue date des États-Unis à l’égard de l’Iran, n’a donné jusqu’à présent aucun signe qu’il avait l’intention de provoquer une crise inutile avec l’Iran.

Au sujet de la Syrie, les choses sont déjà claires puisque Trump s’est déjà prononcé contre l’implication de l’administration Obama dans la guerre contre Assad en Syrie et soutenu une coopération avec la Russie contre le groupe État islamique.

Quoi qu’il en soit, les propres vues de Trump ne seront que le point de départ de l’élaboration des politiques sur la Syrie et l’Iran. Son équipe de sécurité nationale aura le pouvoir d’initier des propositions de politique ainsi qu’un pouvoir de veto effectif sur les préférences du président en matière de politique étrangère. C’est pourquoi la nomination de Bolton à ce poste représente aujourd’hui la plus grande menace pour la paix internationale et la sécurité.

 

 

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