Les clefs de l'Amérique par Jean-Eric Branaa
Les clefs de l'Amériquepar Jean-Eric Branaa

Bernie Sanders, le socialiste américain

À 73 ans, Bernie Sanders a lancé le 30 avril 2016 sa candidature à l'investiture pour la présidentielle de novembre 2016, devenant le deuxième candidat officiel côté démocrate.

 

A gauche toute

Quand le sénateur Bernie Sanders parle, les mots «riches», «millionnaires», «milliardaires» reviennent invariablement. Toute la carrière de celui qui défie aujourd'hui Hillary Clinton aux primaires démocrates de 2016 a été menée à gauche de la gauche, avec un succès croissant. Comment est-il possible que les 1% les plus riches détiennent presque autant de richesses que les 90% les moins riches?», a déclaré celui qui a passé sa carrière à dénoncer la démesure des dépenses électorales.

«Ce type d'économie est non seulement immoral, non seulement mauvais, il est insoutenable», a-t-il ajouté.

 

Fidèle à ses idées

Dès l'un de ses premiers discours à la Chambre, le 9 janvier 1991, les thèmes de sa carrière étaient déjà là: critique des banques, défense du système éducatif et de l'industrie manufacturière. Il s'est opposé vivement à la première guerre du Golfe, «une terrible erreur que ce pays regrettera pendant des décennies». Et vota contre la guerre d'Irak en 2002, un vote qu'il a souligné jeudi, sachant pertinemment qu'Hillary Clinton, alors sénatrice, avait soutenu le recours à la force.

 

Un socialiste à la ténacité infaillible

Le sénateur aime rappeler ses humiliants échecs électoraux dans les années 1970, dans le petit État hippie du Vermont, pour prouver sa ténacité et répondre à ceux qui ironisent sur une candidature qui serait plus symbolique que sérieuse.

Bernie Sanders est unique au Congrès: il est le seul parlementaire à épouser l'étiquette «socialiste», et l'un des deux indépendants, ni démocrate, ni républicain, une rareté dans le système bipartite américain. Il siège avec le groupe démocrate du Sénat. Au-delà du Vermont, qu'il a représenté à la Chambre des représentants de 1990 à 2007, et au Sénat où il siège depuis, sa notoriété est d'ailleurs faible. Mais le Sénat, où il fut réélu triomphalement en 2012, lui donne depuis plusieurs années une plateforme efficace pour houspiller les républicains et les démocrates trop acoquinés avec le patronat.

 

Campagne  à l'ancienne

Bernie Sanders promet une campagne à l'ancienne, ignorant la déréglementation du financement électoral engagée depuis 2010 et se contentant des plafonds de campagne traditionnels (2.700 dollars par personne pour les primaires). Il a aussi promis de rester positif. «Je me demande si, à notre époque, il est possible pour un candidat qui n'est pas milliardaire ou serviteur de la classe des milliardaires, de réussir à faire campagne», a-t-il dit. «Les milliardaires sont littéralement capables d'acheter les élections et les candidats».

 

Pour ou contre Hillary ?

Paradoxalement, il semble refuser de critiquer Hillary Clinton, qui fait pourtant bien partie de ce monde qu’il combat, mais il a relevé le flou de certaines de ses positions. Par contraste, il a aussi rappelé qu'il menait la résistance au Sénat contre l'accord de libre-échange transpacifique que Barack Obama négocie actuellement. Hillary Clinton a historiquement soutenu de tels accords mais n'a pas tranché sur celui-ci.

Bernie Sanders a aussi redit son opposition à la construction de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis, un dossier cher aux écologistes et qui fut un temps de la responsabilité d'Hillary Clinton, lorsqu'elle était secrétaire d'État. L'ancienne Première dame n'a jamais dit si elle était favorable au projet ou non.

 

 

Image : http://bit.ly/1Q5ZLur

 

 

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