Les clefs de l'Amérique par Jean-Eric Branaa
Les clefs de l'Amériquepar Jean-Eric Branaa

L'affaire Benghazi

L’affaire

Le Département d’Etat fut l’objet d’une enquête fédérale pendant les années Hillary, après un assaut sanglant  contre la représentation américaine à Benghazi, en Lybie, qui fut attaquée le 11 septembre 2002 par des terroristes islamistes.

L’attaque commença le 11 septembre à 21h (3h de l’après-midi à Washington). Entre 125 et 150 assaillants, « certains portant les tuniques de style afghan prisées par les militants islamistes », d’autres équipés de masques et de gilets pare-balles, lancèrent l’attaque, lourdement armés. L’ambassadeur trouva la mort dans cette première attaque qui montra des défenseurs fort peu préparés, un système d’alerte défaillant, une chaîne de commandement désorganisée et une force de réaction inexistante.

Une seconde attaque eut lieu un peu plus tard, à 4h du matin heure locale, contre une annexe de la CIA située à moins de deux kilomètres de là. De nouveau, les défenseurs durent faire face à des tirs nourris, dont des tirs de mortier. L’un d’eux dévasta le sommet du bâtiment, tuant deux Américains.

L’agression se solda par la mort de l’ambassadeur Christopher Stevens, le chef du renseignement Sean Smith et deux agents de la CIA, tous deux anciens Navy SEALs, et d’une dizaine de blessés. La mort d’un ambassadeur à l’étranger était la première depuis plus de trente ans. Un mois plus tôt, il s’était inquiété du faible niveau de protection de la mission américaine dans la ville.

 

Une explication étrange

De façon stupéfiante, et alors même que la veille le chef d’al-Qaeda Ayman al-Zawahiri annonçait pour l’anniversaire du 11 septembre une vague d’attaques contre les Américains en Libye, la première réaction américaine officielle fut de prétendre qu’il s’agissait en fait d’une manifestation spontanée anti-américaine suite à la projection d’un film, « L’innocence des musulmans. »

L’étrange explication fut maintenue quelques temps, appuyée par toute la force de persuasion de l’administration Obama et empoisonna même le débat de l’élection présidentielle: l’attaque de Benghazi était une manifestation qui avait « dégénérée ». Mais le récit fut de plus en plus difficile à tenir face aux témoignages et à l’étalage d’armes lourdes employées contre les Américains. La thèse finit par s’effondrer complètement, le rapport d’enquête officiel ne laissant planer aucun doute sur la réalité de faits.

 

Une commission indépendante

Une commission indépendante remit un rapport au Congrès, dans lequel elle fustigeait «des ratés et des carences au niveau de deux bureaux du département d’Etat, qui ont conduit à mettre en place un dispositif de sécurité qui était largement inadapté pour faire face à l’attaque.» La responsabilité de la protection du personnel incombait à la secrétaire d’État en charge des affaires étrangères d’alors, c’est-à-dire Hillary Clinton.

Le 20 décembre 2012, en l’absence de Mme Clinton, son adjoint William Burns a admis devant une commission d’enquête du Congrès que son administration «n’avait clairement pas été à la hauteur sur Benghazi» et il a reconnu des «problèmes graves et inacceptables.» Hillary Clinton elle-même a répété depuis qu’elle assume totalement ses responsabilités dans cette affaire.

 

Sans aller jusqu’à les qualifier de négligences criminelles, les opposants d’Hillary estiment que les conclusions de la commission d’enquête pointèrent directement l’incompétence de la secrétaire d’État Hillary Clinton en termes de leadership et de gestion de crise. Ce dossier a déjà empoisonné la campagne présidentielle de 2012. Il devrait en être encore de même en 2016.

Voir aussi :

- Les emails d'Hillary Clinton

- Hillary Clinton

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