Les clefs de l'Amérique par Jean-Eric Branaa
Les clefs de l'Amériquepar Jean-Eric Branaa

Keystone XL

Qu’est-ce-que Keystone XL ?

Il s’agissait d’un projet d’extension de l’oléoduc Keystone, qui relie déjà la province canadienne de l'Alberta à des terminaux pétroliers dans l'Illinois, mais qui a été abandonné par le gouvernement Obama en 2015. Il aurait été construit entre le Canada et les Etats-Unis, à l'initiative de la société TransCanada. En 2008, TransCanada présenta le projet d'un second oléoduc de 91 centimètres de diamètre, Keystone XL. Long de 1.897 km, dont 1.368 km aux Etats-Unis, ce tracé soumis en 2012 devait permettre d'acheminer du pétrole brut et de relier plus rapidement l'Alberta au Texas, via une nouvelle portion aboutissant au Nebraska, d'où d'autres lignes auraient transporté le brut jusqu'aux raffineries du Golfe du Mexique. Il devait traverser la frontière au niveau du Montana. Des extensions auraient relié Steele City à Cushing, dans l'Oklahoma, et au final Nederland, au Texas.
C’était un projet à huit milliards de dollars, selon le patron de TransCanada, Russ Girling. Ce dernier vantait par ailleurs les retombées de Keystone XL , fait pour "améliorer la sécurité énergétique des Américains et réduire les impacts environnementaux du transport des pétroles canadien et américain”.

 

 

Pourquoi est-il controversé ?

C’est précisément pour son impact environnemental que le projet a cristallisé les oppositions. Les démocrates, avec les associations écologistes, ont dénoncé les risques de fuite et le coût environnemental.

Selon les écologistes, une douzaine de fuites ont été recensées depuis 2010 sur l’actuel oléoduc. Cela présentait un vrai risque, selon les opposants, pour les réserves naturelles de Sand Hills au Nebraska. TransCanada a alors soumis en mai 2012 un nouveau tracé.

Mais il y avait un autre grand point de crispation, à savoir la matière extraite : des sables bitumineux. Il s’agit de pétrole qui a migré et s'est accumulé près de la surface, sans être retenu par des réservoirs étanches. Au fil du temps, les sables bitumineux perdent leurs éléments les plus volatils, devenant extrêmement visqueux et donc compliqués à extraire.

Enfin, la méthode d'extraction impliquait l'utilisation de grandes quantités d'eau, de produits chimiques et d'énergie pour séparer les sables des hydrocarbures. Son cycle d'exploitation aurait ainsi émit plus de gaz à effet de serre que les pétroles conventionnels : 17% en plus, selon d’un rapport du département d'Etat publié en janvier 2014.

 

 

Qui soutient Keystone XL, et pourquoi ? 

Le Canada, premier pays fournisseur de brut aux Etats-Unis, soutient fortement ce projet. Aux Etats-Unis, Keystone XL est soutenu avec ferveur par les républicains depuis des années. 

Ces derniers militent pour autoriser le projet car selon un rapport du département d'Etat en janvier 2014, la construction de Keystone XL créerait potentiellement environ 42.100 emplois directs et indirects annuels aux Etats-Unis pendant les deux années de la construction, dont 3.900 d'emplois directs liés au chantier. Ces créations d'emplois représenteraient environ deux milliards de dollars de retombées. Barack Obama, en juillet 2013, avait quant à lui relevé que Keystone XL ne créerait que 2000 emplois et à peine 50 emplois permanents.

Les républicains et Donald Trump ont balayé les critiques environnementales et avancent que transporter du brut par oléoduc plutôt que par chemin de fer ou par barges sur le Mississippi serait moins risqué.

Autre argument des républicains et TransCanada : Keystone permettra de transporter 830.000 barils de brut par jour du Canada vers les raffineries du golfe du Mexique. Keystone XL permettrait donc selon eux de réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis de 40% envers le Venezuela et le Moyen-Orient. Les opposants assurent en revanche que Keystone n'aura aucun impact sur l'autonomie énergétique des Etats-Unis car la majorité du pétrole qui sera acheminé vers les raffineries sera en réalité, affirment-ils, exporté vers l'Europe et l'Amérique Latine.
Enfin, la sécurité est un autre argument mis en avant : selon TransCanada, l'acheminement de pétrole via des oléoducs souterrains est bien plus sûr que le transport maritime ou ferroviaire. La société avance que 4,6 millions de kilomètres d'oléoducs transportent quotidiennement 99,9998% du pétrole et du gaz naturel à travers les Etats-Unis de manière sûre et fiable. Keystone XL serait également équipé de 21.000 radars qui fourniraient des rapports toutes les 5 secondes par satellite et permettraient d'isoler des tronçons présentant des problèmes en quelques minutes grâce à des vannes actionnées à distance. Les opposants rappellent que Keystone a connu une douzaine de fuites dès sa première année d'exploitation, dont près de 80.000 litres dans le Dakota du Nord.

 

Donald Trump a annoncé qu'il allait reprendre le projet.

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