Les clefs de l'Amérique par Jean-Eric Branaa
Les clefs de l'Amériquepar Jean-Eric Branaa

Immigration clandestine

La question de l'immigration clandestine a pris une importance nouvelle en 2014. Barack Obama a annoncé une importante réforme qui concerne les sans-papiers vivant sur le sol américain depuis au moins 5 ans et n’ayant pas de problèmes avec la justice.

Le président américain a imposé cette réforme grâce à un décret, procédure très rare. Ainsi ses opposants ne peuvent pas la bloquer au

Congrès.

Sa proposition n’ouvre cependant pas la voie à l’octroi de la citoyenneté américaine. Cette dernière question devient donc un enjeu de la prochaine campagne présidentielle, et oppose les démocrates et les républicains.

"Nous sommes et serons toujours une nation d'immigrants"                            Barack Obama, novembre 2014

•  20 novembre 2014 : Discours de Barack Obama : environ 5 millions d’immigrants clandestins seront régularisés.

Il y a 11,7 millions de sans-papiers, selon le Pew Research Center.

Le nombre d’immigrants illégaux a bondi de 1,4% à 3,7% de la population américaine totale entre 1990 et 2012.

Hillary Clinton est favorable à une régularisation avec citoyenneté.

 

Le Parti démocrate considère depuis longtemps que la question de la régularisation des sans-papiers est une priorité.

Le président Obama s’est fait notamment élire sur la promesse qu’il ferait voter une loi aboutissant à cette régularisation, le DREAM Act, DREAM étant un acronyme pour Development, Relief, and Education for Alien Minors. La volonté de Barack Obama de faire adopter par le Congrès une vaste réforme de l’immigration s’est cependant heurtée au refus de la Chambre des représentants, à majorité républicaine, d’organiser un vote sur le sujet.

 

C’est donc par un décret que Barack Obama a affronté cette question en novembre 2014. Il s’est cependant défendu de procéder unilatéralement sur un sujet aussi délicat. «Les deux chambres du Congrès ont échoué à adopter une réforme,» a-t-il dit. Il a toutefois prévenu que les clandestins les plus récemment arrivés seraient expulsés, ce qui lui a valu des critiques d’associations de défense des immigrés, pourtant favorables aux démocrates.

 

Cette réforme concerne directement 5 millions d’immigrants, qui représentent toutefois moins de la moitié des clandestins du pays. En 2012, on estimait qu’il y avait 11,7 millions de sans-papiers sur le sol américain. Leur nombre est d’ailleurs en constante progression depuis 1990, à part un léger repli lors de la grande récession de 2007 à 2009.

Et cette communauté prend du poids. Le nombre d’immigrants illégaux a bondi de 1,4% à 3,7% de la population américaine.

 

Où vivent les immigrants illégaux?

La majeure partie de l’immigration illégale se concentre surtout dans le sud du pays, dans les États de la Californie, du Texas et de la Floride.

On le retrouve aussi dans les grandes régions métropolitaines comme New York (États de New York et du New Jersey) et Chicago (Illinois). Ces six États regroupent 60% des immigrants illégaux.

D’où viennent ces immigrants?

Selon le département de la Sécurité intérieure des États-Unis, près de 80 % des immigrants illégaux sont originaires d’Amérique du Nord (Canada, Mexique), d’Amérique centrale et des Caraïbes.

Et, il est important de le souligner, la grande majorité d’entre eux proviennent du Mexique, pays frontalier avec les États-Unis. À eux seuls, les Mexicains représentaient près de 60 % des immigrants illégaux en 2012.

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© Jean-Eric Branaa